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Publié le 20 janvier 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les garanties varient selon les contrats. Consultez votre mutuelle ou un conseiller spécialisé pour votre situation.

2 179,80 € par mois. C’est le prix médian d’un hébergement en EHPAD en France selon les chiffres clés CNSA 2024. Face à ce montant, beaucoup de familles comptent sur la mutuelle pour alléger la facture. La réalité ? Elle n’intervient que sur une fraction de cette somme.

Le tarif affiché par un EHPAD se compose en réalité de trois lignes distinctes : les soins, l’hébergement et la dépendance. Chacune répond à des règles de financement différentes. Et seule l’une d’entre elles concerne directement votre complémentaire santé. Comprendre cette distinction évite les mauvaises surprises au moment de la première facture.

Pour les aidants familiaux qui accompagnent un proche vers l’entrée en établissement, la question du financement génère souvent de l’anxiété. Combien restera-t-il à payer après l’intervention de la Sécurité sociale et de la mutuelle ? Quelles aides peuvent compléter ? Ce guide répond à ces interrogations en détaillant précisément le périmètre d’intervention de votre complémentaire santé.

Les trois tarifs en EHPAD : comprendre ce qui peut être couvert

La facture mensuelle d’un EHPAD n’est pas un bloc monolithique. Elle se décompose en trois postes distincts, chacun financé par des acteurs différents. Cette structure tarifaire, souvent méconnue des familles, explique pourquoi la mutuelle ne peut intervenir que sur une partie limitée des frais.

Le tarif soins couvre les actes médicaux et paramédicaux réalisés au sein de l’établissement : interventions infirmières, suivi médical, médicaments administrés. Comme l’indique le portail national pour les personnes âgées, ce tarif journalier est intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. Le résident ne paie rien sur cette ligne. La mutuelle n’a donc pas à intervenir sur ce poste.

Le tarif hébergement représente la part la plus lourde de la facture. Il comprend la chambre, les repas, l’entretien du linge, l’animation et les charges courantes. Selon les données CNSA 2024, le prix journalier moyen s’établit à 63,50 € pour une chambre habilitée à l’aide sociale et 95,60 € pour une chambre non habilitée. Ce tarif n’est couvert ni par la Sécurité sociale, ni par la mutuelle. C’est au résident ou à sa famille de le financer.

Le tarif dépendance correspond aux prestations liées à la perte d’autonomie : aide à la toilette, à l’habillage, aux déplacements. Son montant varie selon le niveau de dépendance évalué par la grille GIR (Groupe Iso-Ressources). L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) peut prendre en charge une partie de ce tarif, mais pas la totalité.

Les trois composantes du tarif EHPAD et leur financement
Composante Montant moyen/jour Qui paie ? Rôle de la mutuelle
Tarif soins 8-15 € Assurance maladie (100%) Aucun
Tarif hébergement 63,50 à 95,60 € Résident/Famille (ASH possible) Aucun
Tarif dépendance 15-25 € (selon GIR) Résident + APA partielle Aucun

Ce récapitulatif montre une réalité souvent difficile à accepter : sur les trois lignes de la facture EHPAD, aucune ne relève directement de la mutuelle. Alors sur quoi intervient-elle exactement ? Sur les soins externes et les équipements médicaux non inclus dans le forfait de l’établissement.

Attention : Confondre tarif soins et tarif hébergement peut créer un écart budgétaire de plusieurs milliers d’euros sur une année. Le forfait soins représente seulement 8 à 12% de la facture totale.

Ce que votre mutuelle santé prend réellement en charge

Le rôle de la mutuelle en EHPAD est limité. Mais il n’est pas négligeable. Votre complémentaire santé intervient sur tous les actes médicaux réalisés en dehors du forfait soins de l’établissement. Cette distinction change la perspective sur son utilité réelle.

Une erreur fréquemment observée par les conseillers en orientation EHPAD : confondre le tarif soins avec le tarif hébergement. Certaines familles espèrent un remboursement mutuelle sur 1 800 € mensuels d’hébergement, alors que la mutuelle n’intervient que sur le ticket modérateur des soins externes, soit 50 à 150 € par mois en moyenne. Cette confusion peut créer un écart budgétaire considérable sur une année entière.

Les soins quotidiens en EHPAD sont couverts par l’Assurance maladie

Concrètement, la mutuelle rembourse les dépenses de santé qui échappent au forfait soins intégré à l’EHPAD. Comprendre le reste à charge en santé permet d’anticiper ces frais avec précision.

Postes de dépenses couverts par la mutuelle en EHPAD

  • Consultations de spécialistes externes (cardiologue, dermatologue, ophtalmologue)
  • Ticket modérateur sur hospitalisations (forfait journalier, dépassements d’honoraires)
  • Équipements médicaux non fournis par l’EHPAD (fauteuil roulant personnel, lit médicalisé spécifique)
  • Prothèses auditives et audioprothèses (selon garanties souscrites)
  • Soins dentaires et optiques (lunettes, prothèses dentaires)

Sur le terrain, la réalité des remboursements montre que l’intervention de la mutuelle représente généralement entre 50 et 200 € par mois pour un résident en EHPAD. Ce montant dépend fortement du niveau de garanties souscrit et des besoins spécifiques de la personne. Une personne appareillée en audioprothèses et portant des lunettes progressives verra un impact plus significatif qu’une personne sans équipements.

Bon à savoir : Le forfait soins de l’EHPAD couvre les soins infirmiers quotidiens, mais pas les consultations de spécialistes en ville ni les équipements personnalisés. C’est sur ces postes que votre mutuelle intervient.

Les mutuelles seniors proposent souvent des garanties renforcées sur l’optique, le dentaire et l’audioprothèse. Ces trois postes constituent précisément les dépenses les plus fréquentes pour les résidents en EHPAD. Vérifier ces garanties avant l’admission permet d’éviter des frais imprévus.

C’est un point essentiel. La mutuelle ne remplace pas les aides sociales pour financer l’hébergement ou la dépendance. Elle complète la prise en charge de l’Assurance maladie sur des postes de santé spécifiques. Deux rôles distincts, deux périmètres différents.

Les dépenses qui restent à votre charge malgré la mutuelle

La facture arrive. Les montants dépassent les prévisions. Cette situation, trop fréquente, résulte d’une méconnaissance des postes non couverts. Ni la Sécurité sociale ni la mutuelle n’interviennent sur ces lignes. Identifier ces dépenses en amont évite le choc financier.

Cas concret : entrée en EHPAD en Normandie (2024)

Profil : femme de 82 ans, GIR 3 (dépendance modérée), diagnostic Alzheimer. Mutuelle senior avec garantie renforcée hospitalisation. Tarif journalier EHPAD : 85 € (hébergement) + 22 € (dépendance) + 8 € (soins). Prise en charge Sécurité sociale : 100% du forfait soins. Intervention mutuelle : ticket modérateur sur consultations spécialistes externes et équipements médicaux personnels. Issue : reste à charge familial de 2 450 € par mois (hébergement + dépendance après déduction APA).

Ce cas illustre l’écart entre les attentes et la réalité. La mutuelle a bien joué son rôle sur les soins externes. Mais les 2 450 € mensuels de reste à charge concernent l’hébergement et la dépendance, deux postes hors de son périmètre.

Proche aidant consultant des informations sur tablette dans un salon
Anticiper le budget réel évite les mauvaises surprises

Ces dépenses ne sont jamais couvertes par la mutuelle : tarif hébergement (chambre, repas, linge, animation), tarif dépendance (aide aux actes quotidiens), prestations de confort (téléphone, coiffeur, pédicure), frais d’absence temporaire, supplément chambre individuelle.

Face à ces montants, plusieurs aides peuvent être mobilisées. L’APA en établissement permet de financer une partie du tarif dépendance. Selon Service-public.fr, pour les personnes ayant des ressources inférieures à 2 846,77 € par mois, seul le ticket modérateur correspondant au tarif GIR 5-6 reste à charge.

L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) peut prendre en charge le tarif hébergement sous conditions de ressources strictes. Les nouvelles règles de tarification EHPAD 2025 fixent à 35% l’écart maximum entre les tarifs appliqués aux bénéficiaires et non-bénéficiaires de l’ASH.

D’autres aides complètent le dispositif. L’APL ou l’ALS (aides au logement) peuvent s’appliquer au tarif hébergement en EHPAD, sous conditions. Si vous recherchez un établissement adapté dans l’Eure, les EHPAD à Évreux proposent des tarifs variables selon leur habilitation à l’aide sociale.

2 179,80€

coût médian mensuel d’un EHPAD en France (CNSA 2024)

L’articulation entre ces différentes aides nécessite souvent l’accompagnement d’une assistante sociale. Chaque situation familiale étant unique, les montants d’aide varient considérablement. Anticiper ces démarches avant l’admission permet de connaître le reste à charge réel.

Choisir ou adapter sa mutuelle avant une entrée en EHPAD

Votre mutuelle actuelle est-elle vraiment adaptée à un séjour en EHPAD ? Cette question mérite une réponse avant l’admission, pas après la première facture. Les garanties pertinentes pour un actif de 50 ans ne correspondent pas forcément aux besoins d’une personne de 85 ans en établissement.

L’erreur la plus courante observée : attendre l’entrée en EHPAD pour réexaminer son contrat. Les délais de carence imposés par les nouvelles mutuelles peuvent alors créer des mois sans couverture optimale. Dans ma pratique de rédacteur spécialisé en assurances, j’ai constaté que les familles qui anticipent cette étape trois mois avant l’admission évitent ces périodes à découvert.

Un parcours type conseillé par les professionnels de l’orientation EHPAD structure cette préparation en étapes claires. À J-90 avant l’admission prévue, vérifiez les garanties de la mutuelle actuelle. À J-60, demandez des devis de mutuelles seniors si un renforcement s’avère nécessaire. À J-30, finalisez la souscription en tenant compte des délais de carence. À J-15, constituez les dossiers d’aides (APA, APL, ASH). Le jour de l’admission, tous les mécanismes de financement sont en place. À J+30, la première facture arrive et vous pouvez vérifier les remboursements effectifs.

Garanties à vérifier dans votre contrat mutuelle

  • Niveau de remboursement hospitalisation (forfait journalier, chambre particulière)
  • Plafonds annuels sur audioprothèses et équipements auditifs
  • Prise en charge optique (verres progressifs, montures)
  • Remboursement soins dentaires et prothèses
  • Délai de carence en cas de nouvelle souscription

Les mutuelles seniors présentent des garanties spécifiquement calibrées pour les besoins des personnes âgées. Elles renforcent généralement les postes audio, optique et hospitalisation, tout en réduisant les garanties maternité ou dentaire pédiatrique devenues inutiles. Ce rééquilibrage permet souvent d’améliorer la couverture sans augmenter la cotisation.

Conseil pro : Avant de changer de mutuelle, demandez à votre mutuelle actuelle si elle propose une option « senior » ou « dépendance » permettant d’ajuster vos garanties sans repartir de zéro.

Réaliser une simulation des contrats d’assurance permet de comparer rapidement les garanties adaptées à une situation en EHPAD. Cette démarche prend quelques minutes et évite des mois de couverture inadaptée.

Personne consultant des informations sur ordinateur dans un bureau à domicile
Comparer les garanties mutuelle avant l’admission en EHPAD

La mutuelle représente un levier d’économie réel, même si son périmètre reste limité aux soins externes. Sur une durée de séjour moyenne de plusieurs années, les remboursements cumulés sur les équipements auditifs, les lunettes et les hospitalisations éventuelles peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Vérifier ses garanties maintenant, c’est sécuriser son budget pour les années à venir.

Ce qu’il faut retenir

  • La mutuelle n’intervient pas sur l’hébergement ni la dépendance, seulement sur les soins externes
  • Le forfait soins de l’EHPAD est intégralement couvert par l’Assurance maladie
  • APA, ASH et APL peuvent compléter le financement sur les postes non couverts

Limites et précautions

  • Les taux de remboursement et plafonds mentionnés sont des moyennes constatées en 2024-2025 et varient selon les contrats
  • Les tarifs EHPAD diffèrent selon les établissements, régions et niveaux de dépendance GIR
  • Les aides (APA, ASH, APL) sont soumises à conditions de ressources et peuvent évoluer

Risques à anticiper : reste à charge sous-estimé si confusion entre tarif soins et tarif hébergement ; délai de carence si changement de mutuelle tardif avant admission. Pour une analyse personnalisée, consultez un conseiller en assurance santé ou le service social de l’EHPAD.

Rédigé par Laurent Mercier, rédacteur spécialisé en assurances et protection sociale depuis 2017. Il a rédigé plus de 200 contenus sur les mutuelles santé, les complémentaires seniors et les dispositifs d'aide à la dépendance. Son expertise porte sur la vulgarisation des mécanismes de remboursement, l'analyse comparative des garanties et l'articulation entre Sécurité sociale et complémentaires. Il collabore régulièrement avec des conseillers en orientation EHPAD et des assistantes sociales.